L’école rêvée de Geoffrey Pyke

Publié le 31/01/2019 à 12:00
L’école rêvée de Geoffrey Pyke

Inventeur, journaliste et pédagogue, Geoffrey Pyke développe au début des années 20 sa propre école totalement inédite en Angleterre, fondée sur l’apprentissage social, avec la découverte des connaissances directement par les enfants, guidés par les enseignants. Une expérience avant l’heure du « social learning », qui ne sera théorisée par d’autres que bien plus tard, à partir des années 70.

 

 

Une école aux méthodes pédagogiques révolutionnaires

 

Né en 1893 dans les beaux quartiers de Londres d’une famille aisée, Geoffrey Pyke subit durant deux ans un calvaire au Wellington College, persécuté pour ses origines juives. Après s’être fait remarquer comme correspondant durant la Première Guerre mondiale, Pyke se marie en 1918 et décide à la naissance de son fils David en 1921 de lui éviter le cauchemar de son enfance, dans une Angleterre aux relents antisémites. Et le mieux pour cela est encore de construire sa propre école, même sans expérience d’enseignement.

 

La Malting House School de Geoffrey Pyke se veut « révolutionnaire » et « scientifique », en opposition aux schémas traditionnellement horizontaux de l’enseignement officiel. Les enfants étant naturellement curieux, Pyke utilise cette caractéristique pour les amener à apprendre par eux-mêmes, en réalisant des expériences destinées à leur faire comprendre le monde autour d’eux.

 

 

Geoffrey Pyke, l’inventeur du social learning ?

 

Les élèves sont perçus comme des chercheurs par les enseignants (« des co-investigateurs »), présents pour les encourager et les aider. Des livres, des matériels de dissection, un gramophone, un piano sont à disposition des jeunes élèves, ainsi que des lits pour la sieste. Le jardin, selon les conceptions rousseauistes, représente le cœur de l’établissement, ouvert aux expériences scientifiques. Une forme de « social learning » avant l’heure, développée et théorisée bien plus tard par le psychologue canadien Albert Bandura.

 

Les enfants disposent d’une quasi-totale liberté, et les enseignants notent toutes leurs questions. Les apprentissages se font par découverte et non par déclaration de faits. Il n’y a pas de punition ; sur le modèle freudien, Pyke souhaite éloigner les punitions refoulées, et ne garde de l’école aucun traumatisme mémoriel à supprimer plus tard. Hélas, Pyke s’est lourdement endété pour créer sa Malting House School, qui ne survit pas à la crise économique de 1929. Déprimé, Pyke tente de se suicider, puis finit par rebondir à la fin des années 30 en intégrant l’état-major des opérations de commandos durant la Seconde Guerre mondiale.

 

 

 » Qu’est-ce que le génie ? – Avoir un but élevé et vouloir les moyens d’y parvenir. » – Friedrich Nietzsche.

 

 

 


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