Requiem pour le Grand Plan numérique

Publié le 28/01/2019 à 12:06
Requiem pour le Grand Plan numérique

En 2014 débutait en grande fanfare le « Grand plan numérique pour l’Ecole de la République ». L’objectif était notamment de fournir à court terme une tablette à tous les élèves de 5ème. Après des débuts encourageants, le projet n’a toutefois pas survécu au changement de quinquennat. 

 

 

Le plan numérique pour l’école entre deux élections

 

C’était l’un des grands chantiers du quinquennat de François Hollande : réaliser une réelle transformation digitale de l’Education nationale, après la série d’échecs des précédents gouvernements. L’objectif était à la fois d’équiper massivement les écoles, tout en fournissant la formation adaptée aux enseignants. Au terme de la première année expérimentale en 2016, près de 1 700 collèges et 1 400 écoles avaient bénéficié du plan, avant une mise en place générale au niveau national l’année suivante.

 

Las, l’entrée en application effective du plan cadrait avec les élections présidentielles de 2017. Et le changement de gouvernement s’est fait au détriment du grand plan numérique, l’éducation ne faisant plus partie des priorités clairement affichées par le nouveau président. Exit, le milliard d’euros promis par l’ancien président socialiste sur trois ans, qui devait permettre à l’Education de rattraper son retard.

 

 

Le numérique trop cher

 

Dès le début du nouveau quinquennat en 2017, les signes de mauvaise augure se sont accumulés. L’interdiction des smartphones à l’école et au collège, rapidement votée au début du présent quinquennat, participe également à ce retour en arrière. Même si l’usage des portables se doit bien sûr d’être contrôlé, les smartphones sont pour autant devenus un acteur majeur dans le cadre de la révolution numérique, en tant qu’élément phare du mobile learning.

 

 » Le but n’est pas d’arroser le pays de tablettes  » avait rapidement annoncé le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer – ce qui n’était certes nullement l’objectif du plan. « La priorité, c’est de former les enseignants et professeurs » avait renchéri Bruno Studer, rapporteur sur le numérique à l’école et député LREM. « Ça ne sert à rien d’avoir du matériel si l’enseignant ne sait pas l’utiliser ». Là encore, la formation des enseignants faisait pourtant bien partie du plan numérique. Mais certes, l’éducation coûte cher, et n’est pas immédiatement rentable de manière sonnante. Au risque de trébucher sur l’écueil de l’ignorance.

 

 

 » Education : ce qui manque à l’ignorant pour reconnaître qu’il ne sait rien  » – Albert Brie, sociologue. 

 

 

 

 


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