Les doctorants marocains manifestent

Publié le 27/06/2019 à 12:33
Les doctorants marocains manifestent

Il n’y a pas qu’en France où le doctorat est toujours aussi mal connu, et peu valorisé. Le constat est similaire au Maroc, où les doctorants ont la même impressionnants d’être ignorés, pour ne pas dire abandonnés à leur triste sort. 

 

 

L’horizon bouché du supérieur marocain

 

La Coordination syndicale des doctorants marocains appelle lundi prochain à une mobilisation générale suite à un mécontentement massif, « à cause de la poursuite des mesures de dépannage appliquée afin de combler les grands vides dans les universités, les centres régionaux d’éducation et de formation, les écoles supérieures et les centres de recherche pédagogiques ». L’appel à manifester invite à participer à un sit-in devant le ministère de l’Education nationale à Rabat, et à procéder à une marche jusqu’au parlement.

 

Malgré une vaste réforme réalisée sur le modèle des universités européennes avec une offre LMD (Licence-Master-Doctorat), l’université marocaine souffre des maux comparables à ceux de la France. Le taux d’insertion professionnelle baisse régulièrement, avec en cause une formation largement déconnectée du monde de travail, des stages non obligatoires, une orientation défaillante et un manque de moyens criants. Le futur des étudiants passe ainsi principalement par la fonction publique et le chômage.

 

 

Le doctorat français à la dérive

 

En France la situation des doctorants n’est pas plus brillante, en particulier pour les Sciences humaines et sociales. Le doctorat est largement inconnu du grand public, le mot même de « docteur » étant pour bien des personnes uniquement synonyme de « médecin ». Et pourtant le doctorat nécessite au moins 8 ans d’études supérieures et souvent bien plus pour les sciences humaines, imposant une abnégation rare, une ouverture d’esprit et un remarquable esprit de synthèse. Malgré les efforts, les doctorants subissent l’ignorance généralisée du monde extérieur, d’une relative indifférence gouvernementale, avec un futur incertain, si ce n’est existant.

 

Le doctorat en France paie lourdement sans abandon par la collectivité. Paris, jadis plaque tournante des sciences humaines avec son célèbre quartier latin, s’est depuis longtemps convertie aux disciplines qui désormais sont les seules à compter : écoles de commerce et d’ingénieurs. En conséquence les nombre de doctorants chute (- 9% en sept ans), et les étrangers fuient (21% d’inscription en moins pour les SHS) à raison vers d’autres pays où les docteurs, quelques soient leurs disciplines, sont appelés par leur titre.

 

 

Un enseignement qui n’enseigne pas à se poser des questions est mauvais.” – Paul Valéry. 


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